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Old Stories : La Tour des crânes de Djerba

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L’histoire de  cette semaine remonte au 16ème siècle et elle a eu lieu à l’île des rêves, Djerba.

A cette époque, les pirates Ottomans traversaient nos mers librement..

Le pirate Dragut, d’origine grecque et connu en Turquie sous le nom de Turgut Reis, était non seulement amiral et corsaire dans la marine Ottomane, mais il a également été nommé bey d’Alger et Djerbabeylerbey de la Méditerranée, ainsi que bey , puis pacha de Tripoli.

Les Européens affirmaient que la piraterie en Méditerranée les a dérangés et ont décidé de la contester. En 1559 , Philippe II autorise une énorme flotte, principalement composée de navires espagnols, napolitains, siciliens et hospitaliers à monter une expédition contre Tripoli et l’île de Djerba sous le commandement du jeune Giovanni Andrea Doria.

Le 10 février 1560, la flotte appareille pour Tripoli pour arriver le 7 mars à l’île de Djerba qu’ils ont pris rapidement. En même temps, une flotte ottomane sous le commandement de l’amiral ottoman Piyale Pacha, a été en route depuis Istanbul. Cette dernière arrive à Djerba le 11 mai, à la surprise des forces chrétiennes.

La bataille a duré 5 jours, près de la moitié des galères chrétiennes ont été prises ou coulées..Les survivants trouvaient refuge dans le fort qui est rapidement attaqué par les forces combinées de Piyale Pacha et Dragut (qui a rejoint Piyale Pacha au cours du troisième jour) mais pas avant que Giovanni Andrea Doria réussisse à se sauver dans un petit navire. Après un siège de trois mois, la garnison se rend et Piyale Pacha ramène 5 000 prisonniers à Istanbul, dont le commandant espagnol, Don Alvaro de Sande, qui avait pris le commandement de la flotte chrétienne après la fuite de Doria.

Une tour composée de 6 000 crânes et d’ossements, dite « Borj-er-Rous », est érigée à Houmt Souk par Dragut en célébration de cette bataille.. Elle est détruite en 1848 sur l’ordre de Ahmed Ier, Bey de Tunis, et les ossements sont inhumés au cimetière chrétien de Houmt Souk. Pendant le protectorat français, un obélisque est édifié sur l’emplacement de la tour, rappelant son existence.

 

 

 

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Old Stories | La fille de Carthage

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Au cœur de Carthage, Poséidon est tombé sous le charme de Perséphone pour la première fois, donnant naissance à une perle d’une blancheur éclatante tachetée du bleu de la méditerranée.

Dans les rues tortueuses de ce village féerique qui baigne dans une atmosphère ivre de nostalgie et de densité religieuse, le temps s’est arrêté en 1923, pour contempler la beauté époustouflante de la fille du chef de la contrée, Ain El Ghazel.

Dans une époque où on ne faisait pas la différence entre l’amour et le péché, Ain El Ghazel, éprouvait en secret pour Taleb, le muezzin et l’instituteur de Sidi Bou Saïd,  des sentiments profonds et sincères. À son tour, le jeune homme n’était pas insensible à ses charmes.

Pendant l’heure de la prière le « Moghreb », le grand Marabout se rend à l’appel du Muezzim, les fidèles entrent faire leur prière, quant à Ain El Ghazel, elle passait son temps à tricoter la laine sur le toit de sa maison en volant des regards timides à l’élu de son cœur qui, depuis le silo, récitait à pleine voix l’appel au Moghreb, et au fond de lui une prière d’amour à cette déesse de beauté qu’il contemplait de loin.

Parfois, sans que personne ne l’aperçoive, la jeune fille se permet de se faufiler dans l’école coranique moderne qui se faisait en plein air, elle regardait Taleb avec ses petits élèves, elle imaginait leur vie maritale future, la maison qu’ils partageront, et les enfants qui lui ressembleront, tout en laissant échapper un beau sourire étouffé par le voile qui couvre son visage.

D’autres fois, Ain El Ghazel prend du temps à remplir de l’eau à la fontaine du village afin de pouvoir rencontrer Taleb sur son chemin de retour à la maison, déchirée entre l’envie d’entendre les mots doux qu’il lui chantait « kif tih el ain fel ain » , et la peur que ses petites aventures soient dévoilées par les gens du village qui ne comprenaient pas la pureté de ses sentiments.

Un matin, Ain El Ghazel attendait impatiemment le passage de son bien aimé, mais …. Ce jour là, elle rencontra Saada, le fils du cheik de la région, un homme autoritaire et brutal qui a tout de suite remarqué son charme et qui a décidé d’en faire sa femme.

La jeune femme se rendait souvent chez la « Degaza » pour connaître sa destinée et se rassurer

« Tu veux savoir ton oracle, que la volonté d’Allah soit faite .. Jettes ces grains et ces pierres sur ce tamis, et tu sauras.. »

« Tu épouseras un riche Felah »

Ain El Ghazel s’était inquiétée, et elle avait une appréhension chaque fois qu’elle voyait Saada, elle se souvenait des paroles de la Degaza.

Effectivement, Saada s’est rendu chez le Caïd Bou Hanifa, chef de la contrée et père de Ain El Ghazel, les deux hommes se saluent chaleureusement

« À quel heureux événement ai-je l’honneur de votre visite ? »

« J’ai remarqué votre charmante fille Ain El Ghazel et viens vous demander sa main »

Comme Saada était un homme riche et autoritaire, il a offert à Bou Hanifa le double de la somme d’argent qu’il était d’usage de donner pour le déterminer à lui donner sa fille , et c’est comme ça que le sort de Ain El Ghazel s’est décidé : 20.000 piastres.

Saada retourne à son palais ayant la promesse du père sans se soucier de ce que la jeune femme pouvait en penser , son mariage est devenu une réalité amère qui écrasera tous ses rêves de pouvoir enfin vivre son amour profond envers Taleb.

La foudre a touché la pauvre fille lorsque son père lui a annoncé la nouvelle, elle épousera Saada à la lune prochaine, elle l’a regardé avec yeux larmoyants et a maudit silencieusement le destin qui a fait d’elle un être soumis et impuissant.

Pendant l’heure de la prière le « Moghreb », le grand Marabout se rend à l’appel du Muezzim, les fidèles entrent faire leur prière, quant à Ain El Ghazel, elle passait son temps à tricoter la laine sur le toit de sa maison en volant des regards tristes à l’élu de son cœur, elle sourit et elle disparaît…

 

Cette histoire est l’histoire de la femme tunisienne pendant les années 20,  Albert Sammama Chikli tourna « Ain el Ghezal » qu’on considère le premier long-métrage de l’histoire du cinéma tunisien.
Haydée Chikli Tamzali, sa fille,  a écrit le scénario dont le tournage a eu lieu en 1923 et la première projection le 19 mai 1924.

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