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Société

La guerre des sexes sans censure

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Première Partie

Toujours la même rengaine. Je me lève, je lave, je range, je cuisine, je fais ceci je fais cela. Je passe mes journées à lui préparer sa bouffe, à nettoyer ses saletés, à passer en revue tout ce que je dois faire avant qu’il ne revienne. Tout ça, je ne le fais jamais assez bien car je suis une femme et mon rôle est de toujours faire mieux. À l’entente de ses pas, je me rue vers la porte, bien tirée à quatre épingles, pour l’accueillir. Lui, avec toute la classe du monde, me jette le manteau à  la figure, accoure vers la table et me lance avec brio mon solfège préféré: « Apporte le dîner, femme ». Ce jour-là, je suis la femme la plus heureuse du monde car je sais que je n’aurai pas le droit aux coups du soir pour avoir mis à manger une minute en retard.

Cette histoire vous paraît insensée, pourtant elle touche plus de personnes que vous ne le pensez.

Vous le savez ça, que dans le monde arabe, entre 40 et 60 % de femmes sont victimes d’harcèlement sexuel dans la rue ? Si les lieux publics n’ont pas empêché les hommes de contrôler leur libido, qu’en est-il des lieux privés ? Et si ce nombre ne concerne que les pays arabes, qu’en est-il du monde entier ?

Vous n’y savez rien. Vous êtes trop occupées à vous marier, ou trop incultes pour qu’on vous force à vous marier.

Au début, ils vous font voir monts et merveilles, vous manipulent avec deux trois mots, vous font connaître des élans de joie, pour finir un jour par vous en faire voir de toutes les couleurs. Et quand ce jour arrivera, je vous le promets,  tout s’envolera d’un coup, se dissipera en un nuage de poussière. Il ne vous restera  plus que la nostalgie du passé à la vue de quelques photos au fond de votre placard et, bien sûr, les bleus sur votre corps qui vous feront redonder le supplice de votre quotidien.

Vous me direz que les bleus sont le cadet de vos soucis. À quoi bon les  cacher si  vous êtes déjà  englouties par des kilos de vêtements pour ne pas attirer le regard de ces vieux pervers. C’est bien connu dans les pays arabes, plus la belle, privée de toute volupté,  ressemble à un vieux sac, plus elle a de chance de sauver sa peau des griffes de ces rôdeurs.

Après avoir déballé tout ce que j’avais sur le cœur, je ne peux achever mon discours qu’avec ces quelques mots qui ne plairont certainement pas à tout le monde mais qui , j’en suis sûre feront le plus grand bien à d’autres.

Voilà ce que j’en dis de vous, les hommes: Y en a marre ! Marre de jouer l’ignorante pour vous aider à remonter dans votre estime et puis, marre de faire abstraction de mes connaissances parce qu’une femme cultivée n’a pas lieu d’exister dans votre foutu monde arabe. Une grande gueule n’est pas bonne à marier. Une divorcée n’est plus bonne à marier. Une maigrichonne n’est pas belle à regarder. Une grosse bouffie ne peut pas être supportée. Décidez-vous bon sang !

Deuxième Partie

Contrairement à Selima, qui n’a pas hésité à étaler ses reproches à la gente masculine, personnellement, je ne m’aventurerai pas sur le terrain glissant qu’est la critique des femmes. Certains diront qu’il anticipe les féministes qui lui colleraient aux basques, moi je vous dis que l’idée de voir mon pénis sacrifié sur une croix ne me séduit guère.

Blague à part, c’est un sujet très sensible à aborder qui nécessite une délicatesse à laquelle je ne peux pas prétendre. Cependant, je m’attaquerai quand même à un fléau, sinon que ferais-je ici ?
Roulement de tambour : je parlerai d’un phénomène bien connu, le troisième sexe !
Une personne de troisième sexe est toute personne, homme ou femme, pensant que l’homme a la charge du travail et que la femme est la bonne à tout faire, que de ce fait chacun préserverait le déroulement naturel (qu’on confond souvent avec traditionnel) des choses.

Je pourrais très bien comprendre qu’on a pas tous grandi dans les mêmes circonstances, qu’on a pas reçu la même éducation ou qu’on a pas été inculqué des mêmes principes. Mais toute personne dotée d’une logique aussi minime soit-elle est capable de réfléchir et de peser le pour et le contre. Alors expliquez-moi, par quelle logique, une personne accepterait de servir de lave-vaisselle ou de machine à laver ? Aucune, je vous garantis, c’est tout simplement la limite d’esprit du troisième sexe..
Je parle bien évidemment des femmes qui choisissent ce mode de vie et qui proclament qu’une femme ne devrait en aucun cas avoir le même statut qu’un homme.

L’autre jour, une vidéo des plus choquantes figurait dans les suggestions glorifiantes de Facebook. Le contenu : Une femme – très probablement une personnalité publique – proclamait haut et fort vouloir être “en dessous” de son mari et même être frappée par celui-ci.
À en croire qu’elle se prenait pour une chamelle, la pauvre, au fond on peut la comprendre. L’animatrice, qui fut choquée pour un bref moment par les propos de la chamelle,  a éclaté de rire. Ce qui est grave en soit, c’est qu’elle n’a même pas pris la peine d’expliquer à l’énergumène en face d’elle la gravité de ses idées. Vous pouvez appelez ça professionnalisme journalistique ou que sais-je, moi j’appelle ça de la pure connerie tunisienne.
Cette vidéo n’est malheureusement pas unique dans son genre, avec de la bonne volonté et les bons mots clés, je vous garantis d’en trouver des centaines de plus graves si ce n’est des milliers.

Alors pour l’amour de Dieux, arrêtez.
Arrêtez de pensez que la femme est inférieure.
Arrêtez de pensez que monsieur ou madame je ne sais-qui a son mot à dire sur le sujet.
Arrêtez de donner l’occasion aux influenceurs de se prononcer sur le sujet.
Il faut se rappeler que les moutons — qui regardent toujours nos émissions télévisées à deux balles — n’attendent que ça pour sombrer encore plus dans l’ignorance.

Écrit par Selima Zghal & Skander Soltane.

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Maman, j’ai peur!

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Maman, j’ai peur.
Tout le monde me regarde.
Tout le monde veut que la catastrophe s’attarde. Maman, j’ai peur.
Il m’appelle d’une voix douce.
Ses mains avancent et me caressent. Tu m’as appris à être gentil
avec les gens qui sourient.
Alors je me tais.
Alors j’obéis. Maman, j’ai peur. Pourquoi ne m’as-tu pas appris
que mon corps m’appartient ?
Pourquoi ne m’as-tu pas appris
à dire : non, je te l’interdis ?
Maman, j’ai mal.
Mes jambes me disent de courir.
Ma gorge voudrait crier.
Mais le son se brise
contre le silence des grands.
Maman, tu m’entends ?
Où étais-tu
pendant ces deux longues semaines ? Je t’ai cherchée quatorze jours
dans chaque coin de la maison,
dans chaque bureau,
dans les yeux des responsables. Un enfant a besoin de sa mère
comme la mer a besoin de la lune
pour tenir debout
dans l’obscurité.
Maman, je me sens sale.
je porte en moi les empreintes du diables. Lave-moi.
Je veux retrouver mes vêtements d’innocence.
Mais ils ne sont plus là. Qui les a brûlés ?
Est-ce que tonton les a volés ?
Je ne veux parler qu’à toi.
Les adultes baissent les yeux.
Ils me disent d’attendre.
D’attendre encore.
D’attendre toujours. Mais tu es en retard, maman.
Tu me promets
de ne plus partir ?

Un texte de: Emna Harzallah

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